Composition affective : ne repoussez pas les émotions, transformez-les !

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Paul Ekman, psychologue américain du XXe siècle, estime qu’il existe 6 expressions universelles : la tristesse, la joie, la colère, la peur, le dégoût et la surprise.

Aussi surprenant soit-il pour ceux qui se disent insensibles, les émotions sont essentielles à l’Homme et font indéniablement partie de son quotidien. Postures & attitudes, discours & attentions, envies & rêves, actes et réactions en découleront naturellement.

En contre-pied de la doctrine prégnante qui veut que l’individu parvienne à bloquer les émotions, la composition affective prône leur accueil à bras ouverts.

Tout l’enjeu réside dans la prise de conscience de ces 6 trouble-fêtes pour un impact plus ou moins vigoureux.

Finalement, est-ce gênant si notre jauge émotionnelle joue au yoyo?

Et si on capitalisait sur une joie fugace pour impulser de nouveaux projets ?

Une joie intense est nécessairement fugace, l’état de bonheur étant un état intrinsèquement temporaire. S’évertuer à rechercher les états de joie peut rendre  l’homme insatisfait dans sa vie quotidienne. Alors au lieu de courir après le bonheur comme un but en soi, retournant à la poursuite de la joie chaque fois qu’elle s’évanouit, il est possible de la mettre à profit.

S’imposer de prendre une décision, de passer à l’action, dans un moment de joie peut permettre de s’affranchir des angoisses et craintes du quotidien pour se lancer dans un nouveau projet. En effet, l’euphorie créée par un moment d’enthousiasme libère les passions et renforce les ambitions personnelles, la confiance en soi.

Et si l’identification de la tristesse à un instant t marquait le début de sa disparition ?

La tristesse n’a pas que des tares ! Elle peut prendre plusieurs formes. Lorsqu’elle apparait sous la forme d’une mélancolie par exemple, elle peut éveiller un instinct créateur et poétique.

Et dans les cas où elle serait néfaste, l’identifier permet de la transformer immédiatement, soit en état créateur, soit en colère, énergie négative mais énergie puissante dont on pourra se servir utilement en la transformant.

Et si la réalisation d’une peur permettait d’amorcer la réalisation de nos rêves ?

Une peur latente peut paralyser la réalisation de projets. Le meilleur moyen de la transformer en bénéfice ? La réaliser. Attention, si vous avez peur du vide, on ne vous demande pas de vous jeter d’une falaise pour réaliser vos rêves. (Cet exemple peut paraître extrême mais son sens figuré est clé). Mais si vous avez peur de lancer un projet, lancez-en deux ou trois, échouez et recommencez : vous n’aurez plus peur. Ouvrez vos portes à l’échec, ce mot n’est en aucun cas tabou. Défaire pour refaire… et pour grandir.

Et si on osait transformer la colère en force pour grandir justement?

 « À l’école de guerre de la vie, ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort » écrivait Friedrich Nietzsche dans Le Crépuscule des idoles. Citation dont la renommée n’est plus à faire, mais qui gagne à être rappelée. La colère est une émotion nécessitant une énergie individuelle non négligeable. Aussi, la transformer en énergie positive permet d’obtenir une force supplémentaire idéale à la réalisation de projets.

Et si le dégoût nous poussait à nous ouvrir à de nouvelles rencontres clés?

Un exemple précis surgit : la déception d’un pair. Il est facile et plaisant de se contenter de partager nos opinions avec des clones.  Autrement dit rien de plus naturel que de se rapprocher de personnes qui nous ressemblent dans leurs habitudes de consommation, mais aussi physiquement, culturellement… Cette déception – si tant est qu’elle soit suffisamment forte, presque une trahison – nous autorise plus ou moins consciemment à écouter, puis accueillir, puis entendre, voire partager, des points de vue autres que les nôtres. William James disait : « Il y a peu de différence entre un homme et un autre, mais c’est cette différence qui est tout ».

Et si l’état transitoire de surprise nous invitait à visiter d’autres façons de penser ?

Lorsque nous sommes surpris par un discours, deux options sont possibles : nous estimer en désaccord et exprimer ce désaccord sous la forme d’un argumentaire bien rodé, ou identifier notre surprise et s’arrêter quelques minutes pour réfléchir, poser des questions. Ce second scénario permettra de faire émerger de nouvelles idées et de s’affranchir des grands principes que nous pensons avoir, qui font barrage à notre curiosité. En bref, laissons-nous surprendre.

Notre cerveau a ainsi un rôle clé dans la prise de conscience de ces émotions. La porte d’entrée : commencer par être attentif à ses propres émotions. Ne sortez pas le bouclier, mais ne laissez pas pour autant une émotion vous envahir, transformez-la. Sachez reconnaître les différentes facettes de votre humeur et tirez-en profit. L’inconscience emprunte une route plus ou moins longue vers la conscience. Peut-être que celle-ci ne sera jamais vraiment atteinte mais notre intelligence émotionnelle s’en verra grandie.

Quand il s’agit d’autrui, la maitrise de l’émotion ne nous appartient pas. À nous de capter les signes perceptibles à l’œil nu : un regard, une mimique, un sourire ou une moue, la voix qui tremble, la peau qui rougit ou bien pâlit, les paupières qui clignent, des sueurs, une démarche singulière… l’interprétation nous appartient… Et d’essayer d’aider l’autre à transformer son émotion : en engageant une discussion sur l’émotion, en entrainant subtilement la personne à faire de son émotion son alliée ?

Lorsque la langue devient une barrière, en voyage ou dans d’autres circonstances, nous savons trouver des solutions et se doter d’une force d’analyse du non verbal. Pourquoi ne pas se servir de celle-ci de façon plus fréquente ?

Connaissance de soi, observation et attention à l’autre comme maitres mots de la composition affective !

Aux 4 coins de la planète, à vous de jouer !

Pour les fans de cinéma, et si ce n’est pas déjà fait, jetez un œil au dessin animé Vice-versa. Seule la surprise n’est pas au rendez-vous de ce film d’animation oscarisé.

Ainsi pour faire changer les mentalités, et faire en sorte que les émotions soient reconsidérées, il est nécessaire que des idées nouvelles soient insufflées. Partagez cet article pour commencer l’inception. Et si vous aussi, vous avez des idées, écrivez-nous immédiatement pour qu’elles bénéficient au plus grand nombre (linitiative.magazine@gmail.com).

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Crédit photo : Andrei Lazarev.

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